FORESTERIE

&

POLITIQUE DE SANTE

13/04/2020

 

 

Dans le silence de nos campagnes électorales, dissidentes et vivrières,

l'asphyxie pointe.

 

 

Depuis 2014, l’observation et la pratique en foresterie (petite échelle agroécologique) m’apprennent que la politique de gestion de populations est plus affaire d’inconnues que de certitudes. La politique de santé qui s’y rapporte émane d’essences protectrices et respiratoires tels que des arbres et des végétaux à vertus médicinales, au moment opportun et dont l’usage n’est pas seul réservé aux êtres humains. Les animaux savent consommer les plantes qui les soignent (ex : lapin/thym serpolet), les mycètes et bactéries génèrent des microbiotes pour tout être vivant ; des plantes allèles (amies) soutiennent les plantes à fruits (ex : hysope/vigne, basilic/tomate ; consoude/pêcher, courges), les feuillages (thym, ortie/ épinards, salades), les tubercules et racines (radis/petits pois, souci/pommes de terre). Les plantes compagnes élisent domicile ensemble en se respectant, etc.

 

Seul système planétaire végétal efficace et viable pour l'usage de consommateurs, la foresterie montre qu’une politique de santé correcte fait appels à plus de « soignants » en réseaux, actifs et/ou veilleurs selon la circonstance, que de « productifs  rentables». Certains soignants peuvent être en veille longtemps ou cachés. Ils se mettent à croître lorsque leur rôle importe. En milieu forestier ou agroforestier, par exemple la ronce oxygène les sols ; le figuier les purifie. et va se connecter en profondeur à une nappe d'eau ou source ; le framboisier s’installe en terrain acide ou acidifie et régénère, vivifie ; l’argousier et le tamaris créent de l’humus... Chacun a son rôle dans l’objectif de participer à un équilibre global. Le rôle de chacun dépend d’interactions. Chacun œuvre selon ce qu’il sent le plus juste pour lui, son espèce ; et partage ses propriétés, richesses et ce d'autant dès qu’un déséquilibre apparaît.

 

Toute semence « population » peut interagir en puissance – sans contrôle supérieur extérieur – à sa mesure, dans le respect des autres et si elle envahit un territoire, c’est qu’un espace lui est dédié pour y jouer un rôle, une fonction. Toute semence « population » est en perpétuelle connexion grâce à des réseaux mycéliens, arachnéens, ornithologiques et hyménoptériens. Pour les êtres humains, les semences « population » sont ces graines à la mode aujourd’hui (on les (re)découvre !) car non standardisées, non enrobées de produits phytosanitaires - qui font taire la santé (sani) des plantes (phyto) - non OGM ; typées, goûteuses et nutritives.

 

J’intègre que saisons et cycles peuvent ne pas avoir la même durée d’une année à l’autre et d'une saison à l'autre, pendant que chaque population s’adapte aux autres (l’une peut être malade, l’autre pas) et au climat géo-ingenieré, vit, survit et se cale intelligemment sur ce Qui Est Plus Grand à l’ouvrage. Dans ce système harmonieux créateur d’Oxygène, chaque émanation chimique ou fréquence d’un arbre ou autre végétal, compose avec ses congénères ET la nature animale si l’être humain plaintif, contrôleur d’angles, n’investit pas la place. Aux confins de ce Qui Est Plus Grand, la politique de gestion de populations voit loin, partout, tout le temps. Elle est panoptique, multidimensionnelle et virale, assurant dynamisme et protection à tous, dans l’équilibre de ses forces, qui équivaut aux forces des populations. Elle insuffle la vie, la régule, la freine quand un danger survient ou s’installe.

 

Depuis 2015 et ses attentats humains, je constate de manière macroscopique que la peur, plus que la remise en question, confine. J’observe que plans vigipirates (pirates de la vigilance ou vigilance sur les pirates ?), grèves, manifestations, Jaune Attitude et mesures gouverne-mentales globalisantes, freinent l’élan de ceux qui avaient ou ont choisi d’aller mieux, devenir autonomes et responsables ; y compris dans leur démarche thérapeutique, même non fidélisée.

 

Les déplacements sont étirés dans le temps, réduits, interdits. Tout ce qui faisait office d’action sous le dôme du capitalisme moderne est entravé.

 

Le confinement civil (si vil) grandit sous différentes formes, stigmatise aujourd’hui. L’individualisme poussé à son paroxysme d’insécabilité semble exploser et Liberté-Egalité-Solidarité surnage. La mécanique des corps est à revoir.

 

En France, jusqu’à l’automne 2019, une politique de factures (de « faire » et de « comptabiliser un dû ») reflétait encore un ersatz de faste avec un dernier Deus Ex Machina fluet bien lustré, faussement paisible. Depuis, l’installation massive des compteurs électriques Linky, la galvanisation de l’empire OGM et le control-verrouillage financier des flux de n’importe quel compte bancaire, révèlent l’ampleur de l’esbroufe et confine le confinement, virus pirate de liberté. L’usage par foyer fiscal de technologies électriques relayé par Linky binarisé en profils, répond à des normes sécuritaires de traque (par des Qui Est Plus Grand détournés, se déifiant en sauveurs - voir HAARP) ; qui dépasse l'entendement de la plupart des gens de population.

 

La médiatisation d’une pensée ou médecine unique, le listage d’achats surveillés et les pénuries céréalières en rayons, sont l’exact reflet de l’instauration du concept de civilisation liée à l’agriculture ; et témoignent des orgueilleux qui ont bannis le nomadisme, les « incivils", les gens du voyages, ceux qui vivent en dehors des cités Etats, ceux qui créent avec "rien", échangent, vont à l’essentiel et se réactualisent, optimisent leur capacité au changement sans alourdir un système financier mis en place, les créatifs culturels.

 

Dès à présent, les principe de culture (scolarité mise en ligne, médias et divertissements en ligne, champs agricoles rectilignes ; qui tous facilitent le comptage) augmentent et s’autolysent en tornade car un essentiel manque : l’organisation naturelle et symbiotique des choses et des êtres vivants en fonction du ressenti, de ce qui est juste, partageable, efficace et magnifiant. Tous engagés, tous responsables.

 

En (agro)foresterie et dans la "Nature" en général, le confinement existe pour couver, germer, transformer : croître ; ou pour préparer à l'invasion,  prédater voire supprimer pour raison de survie (le seul exemple de l'araignée veuve noire est éclairant : elle emprisonne son amant pour être fécondée puis le consomme). En (agro)foresterie, la paranoïa n'existe pas, a priori. Il y a toujours une respiration commune grâce aux végétaux respiratoires (ex : lamiacées, conifères). Chaque espèce fait ce qu’elle a à faire pour elle-même et par rapport aux autres dans un esprit d’optimisation du milieu et de protection mutuelle. Les plantes se déplacent facilement, elles aèrent et minéralisent un territoire quand nécessaire, le structurent, pour un certain temps puis se déplacent à nouveau. Les arbres créent des jets d’eux-mêmes (nommées « rejet ») et communiquent à distance, parfois des kilomètres, pour nourrir et protéger. Ils gouvernent et partagent.

 

Au sens socio-politique humain, qui gouverne, protège et partage en même temps, dans un souci d’équité et de complémentarité ? Personne. 

 

L'être humain est autre que terrestre car non arrimé au sol comme les végétaux (excepté quelques orchidées, tillandsia et autres plantes aériennes) ; il est aérien parce qu'il se déplace et se déploie entre sol et ciel, sa verticalisation physique et son évolution personnelle en dépendent ; son axe étant sa respiration. Considérer le milieu végétal comme une ressource à maîtriser l'enracine dans l'illusion qu'il domine* ; tout droit issu d'un monde de Play-mobils où vitesse et précipitation se confondent, où le corps plastique socialisé est dressé à l'angoisse de la chute et au vertige de l'exploit. En cet avril des confins, le principe de nécessité est enfin à revoir  car la plupart d'entre nous s'apeçoit que vivre à crédit dans une économie de marché virtuelle va à l'encontre totale de ce qu'ont à faire nos âme et conscience pour vivre. Sous peu, la "valeur de l'assiette" fléchira vers une réalité de sustentation (comment s'alimenter sainement sans avoir recours aux produits industriels ?) bien plus urgente qe l'illusion d'impôts dus (ration = assiette = impôt).

 

La domestication du monde végétal, c’est-à-dire la transformation de plantes pour un ensemble de caractères choisis chez chacune d’elle et dans le but de les exploiter en tant que « plante de rente » ou « plante de service », l’a emporté sur la compétitivité de chaque plante à l’état spontané. Donc leur combativité est empêchée, à terme. A partir des années 1830, des croisements despèces et des influences variées ont affaibli les variétés végétales (Source : Vaikunthanath Das Kaviraj, expert en agri-homeo 1946-2013). Certaines plantes sont devenues impropres à la consommation car non appropriées complètement à l’organisme humain. La pollinisation technologique supplante celle naturelle à l’air libre ; les défenseurs du vivant prônent les « bombes à graines » pour valoriser la spontanéité de la germination sous l’action du vent tandis que des japonais perfectionnent des drones pollinisateurs parce que les abeilles se raréfient ! Les « produits bruts et originels », que certains consommateurs recherchent, interpellent donc les esprits. Plus un végétal est génétiquement manipulé, transformé, moins l’être humain peut lui emprunter les bienfaits dont il a besoin, à commencer par sa qualité lumineuse et interactive. Le lit des carences, intolérances, allergies et toxicités s’étend en fonction de toutes les transformations opérées sur le monde végétal et sur sa pollinisation ; y compris en raison des épandages aériens massifs de sels d’aluminium, de baryum et d’argent pour les plus courants. 

 

 

                      Valeur de l'Assiette

 

 

L’antique origine du stockage alimentaire, superflu dans l’organisme et depuis les Trente Glorieuses avec l’augmentation mondiale et continue de l’obésité (surtout dans les pays industriels et plutôt occidentaux), est probablement corrélée à la mise en place de cités-états évoluant vers un principe d’états-nations capitalistes, issus d’un long processus qui se compte en millénaires.

 

      Le « stockage social » et le stockage céréalier vont de pair depuis que des groupes d’humains semi-sédentaires (à l’origine nomades et semi-nomades) furent annexés à des cités ceintes ; de gré, suite à des changements climatiques tel que sécheresse de zones alluviales où une nourriture variée était abondante ;  de force, avec l’entretien d’un principe de dette ; où des campagnes et des montagnes sont désertées et où des milieux urbains sont saturés de main-d’œuvre en pénurie d’embauche, de pollution en tous genres et de stress exponentiels.

 

Du temps des premières cités chinoises et mésopotamiennes, la notion de stockage alimentaire n’était pas corrélée au surpoids organique. Du temps des chasseurs-cueilleurs, pêcheurs et glaneurs, la réponse aux besoins alimentaires était satisfaite de manière aléatoire et diversifiée, sante doute juste car suffisante ; la période sylvestre ayant duré très longtemps depuis l’apparition des êtres humains. On mangeait pour arriver à satiété au gré de déplacements et repérages (de 12 à 20 km par jour), et de différents paysages traversés en fonction des saisons, de la géologie et de la géographie. Et qu’en était-il de la notion de « goût » à laquelle l’industrie agro-alimentaire attache tant d’importance ? Durant cette période sylvestre, si le stock alimentaire était envisagé, il l’était à l’échelle individuelle ou groupale ; et certainement pas à des fins d’offrandes ou de taxes destinées à des enregistreurs administratifs d’un Etat contrôle et juge de la démographie, car formatés et occupés à tout compter (les tablettes sumériennes en disent long sur ce chapitre).

 

Le regroupement de peuples au service d’une activité commune agricole – ainsi que leur sédentarité balisée, comptabilisée et accessoirement rendue prévisible par le contrôle de naissances, et à tout le moins de la qualité des capacités maternelles de femmes captives – fut régulier au fur et à mesure que le stockage céréalier prit forme sous l’emprise de chefs, seigneurs, rois, empereurs… Valorisation des céréales et imposition sur les cultivateurs et éleveurs s’enracinèrent. D’un monopole à des mégapoles (où le pouvoir est centralisé), tout devint axé sur la connaissance parfaite des allées et venues, consommations et rythmes des individus, d’un peuple, d’une nation. L’obligation de produire avec un excédent devint un joug de forçat.

 

Au cours de la domestication des céréales (orge, petit épeautre et seigle furent les premières), le blé finit par primer et son taux de gluten sélectionné puis manipulé à des fins industrielles (ex : 3M et ses fournitures adhésives) puis colmateuses intestinales à visée satiétale perverse, fut augmenté. L’addiction s’est lentement et insidieusement installée, propagée ; à tel point qu’aujourd’hui une personne déclarant qu’elle ne mange plus de blé par suite d’intolérance ou d’allergie, est questionnée par son entourage d’un « mais qu’est-ce que tu manges alors ? » !!  Réponse évasive : « bah, tout le reste ! » car ne pas consommer de blé ne signifie pas ne pas manger de gluten ! Il existe très souvent une confusion à ce sujet. De toutes les céréales expérimentées, le blé est la plus rentable au regard des contrôleurs, impo(s)teurs[1]. Sa récolte est visible sur de grandes étendues planes, prévisible, alignée sur des milliards de tiges insécables, standardisées. Le riz, lui, est plus capricieux au rendement. Quant aux invisibles racines et tubercules, conservables sous terre d’une année sur l’autre pour la plupart, ont leur tête de liste : la pomme-de-terre. Très hybridée et complètement dépourvue de son goût initital amer, la pomme-de-terre nous aurait sauvés de la famine au XVIIIème bien que promise à la monoculture… qui n’est jamais à l’abri de parasites (et la destruction des bois et forêts entraîne le parasitisme). Son amie la tomate n’y a pas échappé. Le rouge est mis ![2] Les grosses aubergines violet clair, en provenance d’Italie, que l’on découvre dans les supermarchés français dès janvier à moins de 3€ le kilo nous narrent un même discours.

 

L’activité caricaturale, existante, de restauration commerciale est le symbole ultime de cette indissociable binôme « stock social » (plus communément nommé regroupement d’individus) versus stock céréalier, auquel l’empire des solanacées OGM (tomates et pommes-de-terre en tête) s’adjoint depuis quelques décennies. Restaurants et restaurés entretiennent une relation dans laquelle ni le restaurateur ni le restauré (le client) n’a – la plupart du temps – la maîtrise de la qualité des aliments proposés et consommés. Au restaurant, ce qui compte, c’est le compte ! Celui de l’assiette garnie et celui de l’addition possiblement « salée » (du point de vue de l’imposition, assiette et addition sont synonymes). Puis le compte est rendu à l’Etat par voie de gestion et d’imposition en tous genre.

 

Summum du summum, les enseignes de restauration rapide se mac-donaldisent avec coca zéro offert ou goodies et les enseignes de prêt-à-porter suivent, en regard, les courbes de l’humain standardisable : plus grand ou plus rond, la taille effacée (silhouette « tronc »), pieds plats (prenant trop appui sur l’extérieur, les autres…), instable et précipité cherchant l’excès (comme les essais d’expériences chimiques instables et précipités que l’on observe dans des tubes). Se ruer pour faire la queue devant un fast-food est devenu une attitude banale, une quintessence fieleuse qui suit la volonté de paraître civilisé et hautement sociable selon le formatage des penseurs industriels. Pendant ce temps, les pathologies bilaires augmentent et les intolérants ou puristes vomissent.

 

Depuis 2019 en France, tous les deux jours, un agriculteur se suicide. Tous les jours, les cours céréaliers sont observés par des êtres humains et manipulés par des machines pour enrichir des actionnaires surgras. Agriculture politique et stockage social (vie urbaine excessive) sont valorisés au nom du progrès, de la modernisation de l’économie et de l’écologie tandis que l’esprit de modernité passe à la trappe. Être moderne, c’est d’abord être créatif, adaptable à un nouvel angle philosophique, à de nouvelles situations, problématiques et autres ; avec pour objectif d’entretenir ou d’encourager son bien-être et celui des autres. La monoculture intensive est qualitativement et quantitativement certes morte mais encore trop présente et prégnante. Debout les morts ! Végétons dans le bon sens.

 

[1] Les imposteurs imposent, taxent au nom d’un État. Impost (ancienne écriture d’impôt) a pour synonyme assiette (ration). Les premières comptabilités chinoises et sumériennes s’exprimaient en rations, bol, mesures de céréales. Il est étonnant qu’une majorité de personnes et de peuples remettent encore par défaut, par ignorance ou par choix, leur autorité et leur pouvoir sur leur « assiette » (leur alimentation directe) dans les mains d’une minorité surnommée les « élites ». Leur coupe n’est donc pas assez pleine et leur vue bien brouillée.

[2] Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, l’idée de mondialisation, l’essor de l’urbanisme, la concentration des peuples et l’engouement pour les banques de données en tous genre, ont renforcé le principe de stockage de la nourriture et son prix via la Bourse aux seules fins – manifestées – d’affamer des peuples, de renforcer un esclavage déguisé et non de promouvoir la diversité des cultures grâce à l’agroforesterie qui est la seule et unique solution pérenne depuis toujours. Nous vivons dans un monde OGM et nous jetons entre 40 et 50% des aliments invendus. Est-ce logique ? Blé, soja, riz et maïs représentent à eux quatre 75% de la consommation mondiale. Suite à la crise financière de 2008, le maïs a augmenté de 93% en 18 mois, le prix de la tonne de riz est passé de 105 à plus de 1000$, et le prix de la tonne de blé double depuis 2010 (Source : David Graeber Dette 5000 ans d’histoire Editions Les Liens qui Libèrent/2013).

Colère à l'oeuvre

essai, 606 pages

Editions Geuthner

www.geuthner.com

52€

ISBN 978-2-7053-3920-3