DES CONTOURS AUX ATOURS

 

Les massages ayurvédiques d’origine indienne (Ayurveda, science de la longévité), reposent sur l’étude de trois principes fondamentaux : l’énergie motrice, la stabilité/structure et le mouvement. Ils consistent à unifier et à dynamiser.

 

Le massage à l’huile chaude (Abyangase pratique au gré de pressions glissées ou spiralées, de percussions, vibrations et d’étirements doux des tendons, des poulies et des articulations, qui s'enchaînent. Toutes les manipulations interagissent en surface comme en profondeur, en impulsant et en rythmant la physiologie à laquelle sont liés ces trois principes. 

 

Simple et respectueux de la personne dont la peau est l’interface souvent fragile entre soi et l’environnement, le massage à l’huile procure rapidement détente, éveil ou réaction. Il permet d’agir sur tous les fascias, ces membranes fibreuses gainantes, à la fois souples et résistantes, qui structurent et unifient le corps. Les fascias soutiennent les vaisseaux lymphatiques et sanguins, protègent les viscères et les organes, permettent la mobilité des chaînes musculaires et leurs liaisons. En cas de déséquilibre ou d’agression, ils propagent les phénomènes d’inflammation et d’infection. La peau est le dernier organe à s’exprimer lorsque tous ceux internes sont saturés de toxiques, de toxines.

 

 Masser les tissus externes donne accès à une « trame vie »  depuis des zones cutanées réflexes (dermatomes) où toutes les impulsions ressenties sont véhiculées par mille branches nerveuses ramifiées au crâne (160 nerfs) et à la colonne vertébrale (840 nerfs).

 

Interne, la circulation sanguine[1] est de même interpellée par le biais de ses capillaires souples, élastiques et de faible pression, qui interagissent avec les tissus (muslces, système nerveux, Foie, Reins et Poumons sont les plus vascularisés). 

 

 

S'approprier des contours & délimiter son territoire

 

Premier échange aérien entre la mère et l’enfant, l’échange peau à peau installe la dimension du toucher qui sera partagé, entretenu, magnifié, abandonné ou mal vécu tout au long de la vie de chacun.e. 

 

Barrière littéralement respirante car contrôlée par l’énergie des Poumons, la peau (et sa pilosité) est le plus grand et le plus lourd organe. Elle reflète l’état intérieur des organes dont la fonction est associée à un sens : 

-    Foie, yeux et vue

-    Reins, oreilles et ouïe 

-    Cœur, langue et goût

-    Rate, bouche et goût

-    Poumons, nez et odorat

-    Peau, toucher

 

La peau est lumineuse et la chevelure est vivace lorsqu’une vitalité irradie ; elle est jaune lorsque le Foie et/ou la Vésicule Biliaire sont défaillants (ictère, colère, anxiété) ; elle est grise lorsque les Poumons sont asphyxiés ; elle est rouge lorsque le système vasculaire est engorgé, congestionné ; elle est diaphane lorsque l’élan vital s’éteint. Massée, sa structure cutanée et protéinée (kératine, collagène, élastine, fibrine, graisse, eau) est entretenue et régénérée. 

 

La consommation minimale d’un verre d’eau pure à jeun et au coucher est un prérequis à tout entretien de la vitalité et du confort de la peau. L’eau est constituée de plusieurs agencement moléculaires qui permettent respectivement de stocker des informations, d’en émettre et d’en transporter ainsi que de drainer et hydrater directement les organes ou les zones qui en ont besoin rapidement. Avant et après un massage - ou pendant - buvons de l’eau pure.

 

 

[1] Le sang charrie des informations, des éléments-traces, des mémoires, tel un album contenant photos, pliages, petits mots, souvenirs divers.... Sa cohésion est assurée par les plaquettes.

Colère à l'oeuvre

essai, 606 pages

Editions Geuthner

www.geuthner.com

52€

ISBN 978-2-7053-3920-3

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© Catherine Breant