CHRONIQUES DE L'UNITE

 

Quelque chose de plus grand 03/19

 

Les moments d’alchimie où la parole de l’un traverse le corps de l’autre sans que l’on en fasse une affaire personnelle, vibre dans un espace commun. L’évidence y résonne et moulent nos découvertes, nos reconnaissances, nos acceptations ou compréhensions mutuelles. Cette zone d’accords se vit comme un chant, une empreinte équilibrante, une perfection. Chacun.e a une position, chacun.e est affecté.e à un rôle, chacun.e se charge d’activer son authenticité et tout concourt au meilleur de cet espace commun. 

 

L'un avec l'autre et séparément 07/18

 

Lorsque je me sépare d’une partie de moi-même (mon autorité intérieure, ma joie de vivre, ma tristesse, ma créativité, ma liberté d’action ou de penser…), je me fonds à l’environnement ou à l’autre par souci de comblement, d’unification. Je peux même expérimenter une relation fusionnelle et m’oublier.

 

Dans cet espace relationnel, je peux me soumettre à des demandes implicites ou explicites, me laisser porter à l’horizontal, interagir sous conditions. Je peux me mettre au service de l’autre - comme m’expatrier en couple - et prendre le risque de le/la séduire quand ma soumission devenue invisible devient un poids (la séduction étant une soumission exagérée et contrôlée). Ma quête de justesse et de justice passe par ce changement souvent inconscient de comportement puis, pour ne pas tendre vers la vengeance qui est le stade supérieur à la séduction, je tranche, je lutte ou je fuis et je « défusionne ». Je quitte, je me sépare de l’autre… donc d’une partie de moi-même puisque nous étions une unité.

 

Guerre et guérison sont inséparables car de même racine. Lorsque je pars en guerre avec ou contre moi-même, avec ou contre l’autre, je me guéris. Je gai.e-ris des symptômes dissonants et je guéris l’autre partiellement ou en totalité. Partir, quitter, guérir, autant de forces manifestées pour se trouver, retrouver le chemin vers le chant inconditionnel de son cœur. Calculer l’intérêt à grandir pour soi-même et le partager. Etre responsable de sa parole, de ses actes. Honorer son territoire.

 

Dans le corps physique, l’état d’unité et la sensation de séparation sont liés à la cohésion, la connexion. Primitive, la cohésion cellulaire préside à l’élaboration de tissus, d’organes, de muscles, d’articulations, de systèmes divers… la cohésion cellulaire peut être insuffisante comme proliférante. Primordiale, la connexion en réseaux neuronaux sous-tend la multiplicité cérébrale et tant de capacités. L’organisation dans les choix et la concentration sur les priorités s’installent. Il ne reste plus qu’à les communiquer. 

 

En soi, toucher le fond, explorer ses limites et galvaniser ses contours pour percevoir la totalité de son être. Inviolable, infalsifiable.

 

Total.e, unifié.e, je suis consciemment disposé.e à partager comme bon me semble, avec discernement ; et je ne me sépare de rien. Dans l’invisible je reconnais mon attachement à l’environnement ou à l’autre – qu’il soit infime ou substantiel - et je poursuis ma quête d’élévation. Je suis en marche.

 

 

«  Fluide est la structure de circulation universelle, le lien dans lequel tout vient en contact de tout, et arrive à se mélanger sans perdre sa forme et sa propre substance. »

La vie des plantes Emmanuele Coccia, philosophe

 

 

D’un point de vu comportemental, notre dynamisme musculaire influe sur la structure fondamentale verticale de notre corps physique (du bassin au crâne) et sur sa structure relationnelle acquise, horizontale (membres) (vers qui ou quoi je tend les bras ? Comment j’embrasse le monde ? Vers où aller ? Courir ou rester ? Profil psychique, posture et respiration à l’unisson (de nous-même et d’autrui) sont empreints de nos guerres à gaie-rire. A bon guérisseur, beau sourire !

 

Colère à l'oeuvre

essai, 606 pages

Editions Geuthner

www.geuthner.com

52€

ISBN 978-2-7053-3920-3

Version imprimable Version imprimable | Plan du site
© Catherine Breant