Préalables

LA COLÈRE, LE MOUVEMENT, LE FOIE & LEUR LIEN LOSANGIQUE

 

        De la colère du ciel  divin ou atmosphérique  cristallisée dans certains orages à la vulcanologie, il n’y a qu’un pas : états de la matière, échanges azotés, sublimation, mutation. La colère émotionnelle signe tout autant la sublimation et la mutation de l’humeur. Elle peut être spontanée, juste, rentrée, pervertie. Elle peut être transmutée dans l’activité physique vive, intense, créative, violente.

 

    En minéralogie, le rhomboïde est une forme cristalline en losange qui constitue la structure de nombreuses roches telle la chaux carbonée fétide, surnommée pierre calcaire puante hépatique. Les montagnes d’Italie en sont composées d’une sous-espèce, la chaux carbonée magnésifère.  Au niveau des sols, le lien qui unit la vulcanologie à la fertilité opère par une invariable logique chimique. L’état cryptique des pierres ponces volcaniques facilite notamment la vie de bactéries utiles à la fermentation azotée. Cette effervescence est nécessaire à l’élaboration d’une terre végétale de qualité, elle-même propice à l’agriculture.

 

     En géométrie, le losange équivaut au carré orienté ou observé à 45°, dont le cube est la forme en trois dimensions. En chimie, le cube correspond à l’agencement moléculaire parfait du Carbone qui est l’Élément basique de l’être vivant. Le Carbone a le plus haut point de fusion (3500-3600°), il représente la pression au cube de l’Hydrogène et la combustion maximale en généro-activité. Au-delà, la radioactivité démarre, d’où les plus faibles températures de fusion de tous les autres éléments chimiques naturels.  Percevoir un carré ou cube sous la forme losangique est une illusion, un effet, une projection.

 

    Le rhombe, l’un des plus anciens instruments de musique, servit à reproduire le vrombissement sourd et puissant de la colère d’une terre qui gronde ou d’un ciel annonciateur, pour effrayer tant l’ennemi extérieur que pour traduire les affres du peuple, lui-même imprécateur. 

 

    En embryologie, les rhombomères* participent au processus de la segmentation du cerveau reptilien, base de notre structure cérébrale. Celui-ci renferme nos « réflexes archaïques » et nous permet de répondre au stress par un principe de survie (défense, protection, nourriture, …). Le Foie est en partie énergétiquement lié aux muscles rhomboïdes situés entre les omoplates. Maître du mouvement et de la Parole, son rôle est symboliquement lié au losange.

 * Rhombomères = neuromères du cerveau postérieur, « parties en forme de losange ». 

 

GRANULATION, GRANULES

 

La granulation métallique

     

     Le génie étrusque mit au point la technique de granulation pulvérulente (pulviscolo) dans le travail de l’or*. Cette soudure colloïdale fut obtenue grâce à un procédé à base de carbonate (souvent, de cuivre). Les lames d’or qu’on souhaitait transformer en petites billes, étaient fondues dans un creuset avec de la poudre de charbon pour maintenir les billes séparées. Après un lavage, elles étaient soudées entre elles grâce à un alliage de carbonate de cuivre avec de la colle organique, qui fondait à une température inférieure à celle de la fusion de l’or. Fort nombreuses (jusqu’à des milliers), les sphères minuscules appelées granules (quelques centièmes de millimètre de diamètre) étaient utilisées, uniquement, dans la fabrication de bijoux très importants.

 * La civilisation babylonienne créa certes le filigrane mais pas – a priori – la sophistication de cette granulation.

 

La granulation cellulaire 

 

     En biologie, une granulation est une inclusion sphérique présente dans un tissu ou une cellule, mais aussi une cellule qui renferme de l’histamine, des enzymes ou d’autres substances. Le Foie communique avec les autres organes grâce à différents canaux. Au niveau vasculaire et s’il y a présence d’amibe*  intrus mobile , un abcès ou granulation primaire de Grall se forme. Il s’agit d’un petit nodule centré par une veinule porte thrombosée, entourée de cellules hépatiques dégénérées, puis d’une zone congestionnée et infiltrée de leucocytes. Cette granulation réagit par le principe de base agression/défense.  Plus généralement, la cellule ou le globule se caractérise par sa forme sphérique ou torique (comme les globules rouges).

 * Amibe (Entamoeba histolytica), du grec amoïbaïos qui signifie « changeant » : organisme  rudimentaire appartenant au règne animal, formé d’une seule cellule et se déplaçant au moyen de prolongements courts qui lui permettent de se déplacer (pseudopodes ; les leucocytes se déplacent de la même manière). 

 

Globules & granules

 

    Le génie de Samuel F. Hahnemann nous a offert l’homéopathie et ses sphères quantiques. La forme sphérique des globules et des granules au lactose leur confère une répartition optimum d’imprégnation des substances. Ainsi marqués de l’empreinte de la souche (teinture mère ou trituration au lactose), ils portent la transmission de la quintessence des substances grâce à leur dynamisation et à leurs dilutions successives. Au rythme de leurs pulsations quantiques, ces grains transmettent leurs énergies, leur lumière propre, au cORps animé. Une introduction à la dynamique homéopathique, détaillée, suit.

                                     

Des remèdes

 

     La Grande Chélidoine fait partie des remèdes incontournables. Sa nature et son comportement nous renseignent sur l’homme par le jeu de la similitude : éminent draineur de la partie droite du Foie mais aussi Princesse de nos ténèbresChelidonium Majus symbolise le sujet qui « projette à l’extérieur sa lutte intérieure », ce qui se cristallise en diverses affections : ictère, colère, violence, douleur, congestion. Chez cette plante à latex, l’obstruction à la vitalité est combattue par coagulation noire et rapide (thrombose) de son lait jaune d’or, lors d’une blessure. Dans un genre minéral, cette lutte intérieure se rencontre chez l’huître ou la moule qui se protège en réalisant une perle… qui vaut, pour l’homme avide, de l’or !

 

     Le Chardon-Marie (Carduus Marianus) et le Pissenlit (Taraxacum Dens Leonis), plantes connotées laiteuses par la symbolique pour l’une, par la succulence pour l’autre, révèlent des facettes hépatiques complémentaires.

 

    Compagnons d’armes minéraux, le Germanium (Germanium Metallicum) et le Manganèse (Manganum Metallicum) interviennent dans le rapport bourreau/ victime et la mise en esclavage. Quant à l’Étain (Stannum Metallicum) et le Phosphore (Phosphorus), ils abordent l’élégance du corps en mouvement, la richesse de sa lumière et de sa destruction. Le « Foie de Soufre » (Hepar Sulfur) signe le volcanisme humoral. 

 

    Peut-être à part ou central, l’Or (Aurum Metallicum) dont l’esprit du remède décrit un hypertensif mélancolique ou colérique, au faciès parfois vultueux, renvoie à la quête de « lumière divine » qui peut mener au suicide quant la déification s’avère impossible. En ce sens, l’alchimie nous rappelle que l’Anti-moine (Antimonium Crudum) sépare l’or de toutes ses impuretés. Il le purifie. Chez l’animal ou l’homme qui peut « manger comme un pORc », l’Antimoine homéopathique le purge, le nettoie. Selon les Étrusques, l’or divin et sa présence sont signifiés par la bile. Les Dogons y font écho en associant le verbe créateur et la pratique agricole à la Vésicule Biliaire (support de la « parole elle-même »). 

 

    Au rang animal, le serpent solitaire dit Maître de la brousse (Lachesis mutus) offre à étudier toute la complexité de l’être humain dans son rapport à l’autre (identité sanguine, personnage, apparence, loquacité, jalousie, sensation d’étouffement). 

Colère à l'oeuvre

essai, 606 pages

Editions Geuthner

www.geuthner.com

52€

ISBN 978-2-7053-3920-3

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© Catherine Breant